L’ancienne abbaye royale de Saint-Denis a illuminé des siècles durant l’histoire artistique, politique et spirituelle du monde Franc.

Son église abbatiale, baptisée basilique dès l’origine de sa construction, s’élève sur l’emplacement d’un cimetière gallo-romain, lieu de sépulture de Saint Denis martyrisé vers 250.
Son histoire s’est embellie de légendes du Ve au XIVe siècle. La plus célèbre est celle qui le présente portant sa tête décapitée, de Montmartre, lieu supposé de son martyr, à Saint-Denis, lieu de son inhumation, à l’endroit même où plusieurs édifices lui furent dédiés du Ve au XIIIe siècle.

Outre une crypte carolingienne, vestige de l’édifice consacré par Charlemagne en 775, la basilique conserve le témoignage de deux bâtiments déterminants pour l’évolution de l’architecture religieuse.

L’abbé Suger, humaniste, voyageur infatigable, conseiller des rois et fin politicien reconstruisit de 1135 à 1144 les deux extrémités du bâtiment. Le choeur constitue un véritable hymne à la lumière, manifeste du nouvel art gothique. Le double déambulatoire et ses chapelles rayonnantes forment une couronne de lumière ininterrompue grâce, notamment, au dédoublement des baies dans chaque chapelle.

En 1231, Saint Louis décida la reconstruction de la plus grande partie de l’édifice sous la direction d’un des plus célèbres architectes du temps, Pierre de Montreuil. Surnommée la Lucerna, la lanterne, la basilique du XIIIe siècle est une oeuvre novatrice notamment par l’utilisation nouvelle de piliers fasciculés, par le triforium ajouré et par l’immensité des roses éclairant un transept d’une ampleur exceptionnelle destiné à accueillir les tombeaux royaux.

Lieu de mémoire, dès le haut moyen-âge, le monastère dionysien a su lier son destin à celui de la royauté s’affirmant peu à peu comme le tombeau privilégié des dynasties royales à la faveur du culte de saint Denis. Dagobert est le premier roi a y être inhumé.

Plusieurs carolingiens y trouveront sépulture, dont Charles Martel, Pépin le Bref et Charles Le Chauve. Mais c’est à partir d’Hugues Capet que quasiment tous les capétiens seront enterrés à Saint-Denis. 42 rois, 32 reines, 63 princes et princesses, 10 grands du royaume y reposèrent.

Avec plus de 70 gisants et tombeaux monumentaux de la Renaissance, la nécropole royale de la basilique s’impose aujourd’hui comme le plus important ensemble de sculpture funéraire du XIIe au XVIe siècle.

La Guerre de Cent Ans, les guerres de religion, les troubles politiques contribuent au déclin de l’abbaye royale de Saint-Denis bien avant que la révolution ne le précipite.

En 1793, les révolutionnaires s’attaquent au symbole de la monarchie. Les tombeaux sont démontés, certains détruits. Les corps exhumés sont jetés dans des fosses communes. La basilique échappe alors à la destruction totale.

En 1806, Napoléon Ier ordonne la restauration du bâtiment.
Puis Louis XVIII restitue à l’abbatiale son rôle de nécropole. Les travaux de restauration se poursuivent tout au long du XIXe siècle dirigés par les architectes Debret puis Viollet-le-Duc à partir de 1846.

Mais les outrages du temps n’ont pas atteint la puissance évocatrice de ce lieu de mémoire des origines de la nation France, qui demeure un écrin dédié à la lumière.

Adresse

1 Rue de la Légion d’Honneur
93200 Saint-Denis

Tel : 01 48 09 83 54

Pour s’y rendre

Gare SNCF / RER : RER D, station : Saint-Denis

Autoroutes : A1 – A86, sorties : centre-ville, la Plaine Stade de France

Routes : Nationales : 1, 14, 186, 214

Transports en commun : Métro ligne 13, station : basilique de Saint-Denis

Boulevard périphérique : Nord, sortie : Porte de la Chapelle

Tramway : T1, arrêt : basilique de Saint-Denis

Site officiel 

https://www.saint-denis-basilique.fr